Interview

28 juillet 2007

Caristan : "Je ne suis pas surpris"

 

"Je ne suis pas surpris"

 

Stéphane Caristan, l'entraîneur de Christine Arron et consultant sur Eurosport, est revenu sur la performance de la sprinteuse tricolore en Principauté (11"06). L'ancien hurdler reconnait que la recordwoman d'Europe (10"73), qui ira à Osaka dans un mois, n'a pas atteint le top de sa forme.

 

STEPHANE CARISTAN, votre sprinteuse Christine Arron a réalisé un chrono de 11"06 à Monaco. Soit la 9e performance mondiale de la saison. Rassurant ?

S.C. : Non. Non, car je n'avais pas besoin d'être rassuré. J'étais surtout content pour elle. Je connais la valeur de Christine. Je la sentais capable de courir à ce niveau. Je ne suis donc pas surpris. Son objectif, c'est de courir une finale mondiale. Atteindre les minima ne peut pas être un objectif en soi. De son côté, elle est ravie évidemment d'avoir signé cette performance, d'avoir fait cette course dans son stade fétiche, face à des adversaires de ce niveau. Après Paris (6e en 11"34), elle avait été un peu enterrée par certaines de ces filles-là.

Elle n'avait plus couru aussi vite depuis septembre 2005 (10"93). C'était déjà à Monaco à l'époque. Qu'avez-vous trouvé de particulièrement positif dans sa course ?

S.C. : Son 100m dans sa globalité me convient. En l'état actuel des choses, j'espérais un chrono entre 11"03 et 11"12. Après, 11"15, je pense que c'était un chrono minimum qu'elle était capable d'atteindre avec un peu plus de fraîcheur que ses dernières sorties. 11"06, c'est donc très positif.

Malgré un départ sur la retenue...

S.C. : Lors des dernières courses, elle s'était souvent bien élancée des starting-blocks. De nombreuses personnes ont souvent critiqué les départs de Christine. Mais dans cet exercice, elle s'en sort plutôt bien à mes yeux. A côté d'elle, l'Américaine Carmelita Jeter a fait le départ de sa vie (-0.103). A Strasbourg, Christine a prouvé qu'elle n'était pas loin des meilleures à ce jeu-là. Après, on sait ce qui s'est passé (éliminée pour faux-départ). Maintenant, il faudra tout de même faire des meilleurs départs que celui de Monaco (-0.175) lors des prochaines compétitions.

Et puis il y a eu cette accélération aux 60 mètres...

S.C. : Oui, comme à Reims, elle a su reproduire cette accélération. Il y a une semaine, c'était peut-être un peu plus tôt. Le plateau était également différent. Avant la course, je l'avais prévenu : sors de cette course avec la banane. A l'arrivée, c'est ce qui s'est produit. Quand elle a voulu accélérer, elle a pu. Et ça, c'est bien.

Où en est Christine de ses problèmes de sommeil ?

S.C. : D'après ce que je sais, cela va un peu mieux. Mais il faut savoir, qu'elle voit parfois deux fois par jour, cinq fois par semaine des médecins, des kinés et j'en passe et des meilleurs. Elle a dû rajouter à cela une visite d'un spécialiste du sommeil. Cela l'empêche évidemment de s'entraîner comme elle voudrait le faire. Elle doit aussi prendre un médicament pour mieux dormir. En ce moment, elle passe des nuits plus convenables. Elle récupère mieux, et ça se voit, non ?

On est à un mois du début des Mondiaux. Quel est son programme dans les semaines à venir ?

S.C. : Il y a d'abord les Championnats de France de Niort dans huit jours. Nous n'avons pas fixé d'objectif chronométrique. Si les minima n'avaient pas été décrochés à Monaco, elle aurait couru à Niort pour les atteindre. Ce n'est plus le cas, donc elle va continuer de se tester avec trois tours sur 100m, ou trois tours sur 200m. Elle fera peut-être les deux. Christine ne devrait pas aller à Castres (11 août). Le meeting de La Chaux-de-Fonds (12 août) devrait être sa dernière course avant le départ pour Osaka le 16 août.

9 juillet 2007

Arron : "Je manque de fraîcheur"

Christine Arron n’a pris que la sixième place du 100m du meeting Golden League de Paris St-Denis, vendredi. Avec un chrono de 11.34, la Française, qui n’a pas prévu d’aller à Lausanne, devra patienter avant de décrocher les minima pour les Mondiaux Osaka.

CHRISTINE ARRON, votre sentiment sur ce 100m ?

C.A. : J'étais très contente déjà de courir à Paris. Ce n'était pas facile. Je me suis dit que je devais me lancer. Je suis venu, j'ai couru. J'espérais être un peu sur ma fin de course. Il me manque de la vitesse, de la fraîcheur. J'étais à la lutte avec les autres, mais je n'ai pas pu accélérer sur la fin.

Quel enseignement tirez-vous de cette course ?

C.A. : J'ai un peu le même sentiment qu'à Munich, en Coupe d'Europe. Je manque de fraîcheur sur la fin. Je ne parviens pas à accélérer. Je n'ai plus de jus. Je subis. Je me relâche même sur les derniers mètres. J'ai continué, mais sans grande conviction car je savais que ça ne servait à rien.

Le plateau était relevé. Cela doit vous motiver ?

C.A. : Oui, tout à fait. C'est pour cette raison que j'ai fait la course. Je savais que ça ne serait pas facile. J'étais tout de suite dedans. On ne peut pas dire que j'étais à la traîne après le départ. J'étais au contact et puis il y a eu cette fin de course sans saveur. Je suis quand même contente d'avoir fait cette course-là. Ca va un peu me libérer, je pense.

Vous êtes soulagée ?

C.A. : Oui, en quelque sorte. Bon, le chrono à l'arrivée n'est pas celui que j'espérais. Mais je suis heureuse d'avoir pu me comparer à ces filles-là. Au moins, après une telle confrontation, je peux réellement savoir où je me situe par rapport à elles. Je sais qu'avec plus de fraîcheur et plus de travail spécifique, je dois être mieux.

Quelle est la suite de votre saison ?

C.A. : Avec le temps que j'ai fait ce soir, je ne sais pas si beaucoup de meetings vont me réserver un couloir (rires). Ce qui est important pour moi maintenant, c'est premièrement de régler mes problèmes de sommeil qui font que je n'ai pas de jus, car ça commence à être vraiment pesant. Et deuxièmement, de m'entraîner.

Votre blessure au fessier vous a-t-elle gênée ?

C.A. : Non, même si c'est encore un peu douloureux. Je fais avec. Il y a des jours où j'ai plus mal. En Coupe d'Europe, j'avais ressenti une gêne. Là, ce soir, c'est le point positif car je n'ai rien senti. C'est la bonne nouvelle. A l'échauffement, en chambre d'appel, j'ai senti que je n'étais pas aussi bien qu'à Strasbourg. J'étais beaucoup plus puissante, mais moins dynamique et moins véloce qu'en Alsace. J'étais lourde au niveau des jambes. Le gros souci, c'est que depuis deux mois, je suis pénalisé par ces problèmes de sommeil. Je ne parviens pas à m'endormir. Je n'arrive pas à récupérer. C'est difficile.

Si un couloir se libère dans les prochaines grandes courses, le saisirez-vous ?

C.A. : Si, c'est à Rome, oui. Mais si c'est à Lausanne, ce sera non. C'est beaucoup trop tôt. Il faut que je me repose.

3 juillet 2007

Arron : "Je garde espoir"

 

 

Après l'épisode malheureux de Strasbourg (éliminée sur faux départ), Christine Arron aborde le 100m du meeting Golden League de Paris Saint-Denis avec envie. Aux côtés de Muriel Hurtis, qui disputera elle-aussi la ligne droite du Stade de France, vendredi.

CHRISTINE ARRON, votre deuxième course cette saison, à Strasbourg, s'est soldée par une élimination pour faux départ. Assez rare pour être signalé...

C.A. : En effet, c'était quasiment une première pour moi. Dans toute ma carrière, je n'ai dû commettre que deux ou trois faux départs. Je ne m'en souviens pas vraiment mais je n'en ai pas fait beaucoup. C'est vraiment dommage car à Strasbourg, il y avait de la réactivité au sol, du tonique dans mes mises en action, de l'élasticité. Le mardi, à l'entraînement, j'avais fait de très bons départs. Malheureusement le jour de la course, il y a eu cet épisode malheureux.

Avant cela, il y avait eu la Coupe d'Europe à Munich...

C.A. : A Munich, j'étais très fatiguée. Je le suis encore un peu. En Coupe d'Europe, je n'étais pas disponible. J'avais envie de courir et refaire de la compétition. Comme j'étais là-bas pour le 100m, j'ai couru, mais ça n'a pas eu vraiment de valeur pour moi, tout du moins le temps qui restera anecdotique. Tout simplement car je n'ai pas pu accélérer quand je l'ai souhaité. C'est sûr qu'à Strasbourg, au niveau des sensations, j'étais beaucoup mieux. Je voulais vraiment me tester et voir où j'en étais au niveau du chrono...

Votre dernière grande course reste finalement la finale du Grand-Prix à Monaco en 2005...

C.A. : Oui, cela doit être ça en effet. Ce n'est pas facile pour moi de débuter par un tel évènement. J'aurai préféré tester, non pas le chrono, mais surtout ma jambe pour savoir si je peux accélérer avec des filles à côté. Mais cela reste quand même un plaisir de retrouver des courses comme ça. Je me dis aujourd'hui que je n'ai pas le choix. Gaz de France est mon sponsor et je voulais aussi courir pour lui. Je dois aller au-delà de ma blessure, de la fatigue.

Ressentez-vous encore la douleur ?

C.A. : C'est surtout au niveau du fessier que j'ai une gêne. Mais je suis presque au bout de la guérison. Il y a encore quelques petits réglages à affiner. Mais quand je reste assise longtemps dans la voiture par exemple, la douleur revient. Mais ça s'améliore et je sens que j'arrive au bout. Je ne perds pas espoir de retrouver très vite toute l'élasticité de mon tendon.

Avez-vous d'ailleurs la sensation d'être en retard dans votre préparation pour l'objectif des Mondiaux d'Osaka ?

C.A. : On n'est jamais en avance à ce niveau-là. Il y a toujours des choses à faire, à corriger, à améliorer. Par rapport à mes problèmes de sommeil, j'ai dû zapper quelques séances d'entraînement. Cela m'a embêté J'ai perdu du temps à ce niveau-là, mais j'ai fait du bon travail ces derniers mois, même quand je n'étais pas à 100%. Je ne suis pas encore à 100% mais j'ai tout un travail de musculation et de foncier qui n'est pas négligeable. Maintenant, il faut que je courre pour savoir où j'en suis car j'ai eu une année différente des autres années avec cette longue blessure.

Comment appréhendez-vous le fait que Muriel Hurtis soit à vos côtés sur ce 100m de Paris ?

C.A. : A mes yeux, ça ne change rien. Ce n'est pas ma copine, sur la piste. Que cela soit Muriel ou une autre Française, ce sont toutes des adversaires. Après, c'est bien qu'il y ait une deuxième Française sur cette distance car la course est disputée en France.

 
 Une autre interview :
 
 
( Cliqué dessus )

16 janvier 2007

« On ne s'entend plus »

Arron et Ontanon, c’est terminé. La Française, 33 ans, entend néanmoins poursuivre sa carrière et trouver rapidement la solution qui lui permettrait de se préparer idéalement pour les Mondiaux d’Osaka. 

Votre blessure est-elle enfin oubliée ?
Cet été, j'ai repris trop tôt, donc j'ai pris la sage décision de ne pas courir cet hiver pour ne pas prendre de risques en vue de la saison estivale. J'ai tout un renforcement musculaire à faire, un travail de stabilisation du bassin, qui nécessite du temps. Je continue mon travail commencé fin 2004 en Guadeloupe avec mon préparateur physique, Raymond Jollet. J'ai commencé début novembre, après avoir pris neuf semaines de repos. Ma seule erreur, c'est de ne pas avoir fait de soins durant cette période, car j'en avais marre et je ne savais pas que c'était important, donc la cicatrisation a un peu fibrosé. C'est pour ça que j'ai encore mal.

 

Cela vous inquiète-t-il ?
Je sais que mon problème actuel est le même que celui que j'ai eu en 2001 et j'avais galéré pendant des mois pour me soigner. Il ne faut pas voir les choses tout le temps de façon négative. Ce n'est pas la meilleure façon de s'en sortir. Je dois encore poursuivre un certain temps le travail foncier, le renforcement musculaire et les soins, avant de faire des choses rapides à l'entraînement.

« Pas fermée à une collaboration avec le Team Lagardère »

Vous vous entraînez seule depuis le mois de novembre. Avez-vous donc décidé d'arrêter de travailler avec votre entraîneur Guy Ontanon ?
Vendredi dernier, j'ai discuté longtemps avec Xavier Moreau, le directeur général du Team Lagardère, et je lui ai dit que je n'adhérais pas au Team, puisque ma collaboration avec Guy Ontanon est terminée. Comme c'est lui (Ontanon) qui dirige le département athlétisme, ce n'est pas possible.

Pour quelle raison le quittez-vous ?
Ce n'est pas un problème d'entraînement. Je tiens d'ailleurs à le remercier pour le travail effectué, car nous avons quand même fait des choses intéressantes. C'est une question de communication et de personne. On ne s'entend plus. On avait déjà discuté en amont des choses sur lesquelles on était pas d'accord mais notre relation n'a pas beaucoup évolué. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais cela concerne notamment la façon dont il a géré mon été. Je ne me suis pas sentie assez soutenue.

La porte est-elle définitivement close ?
Je ne suis pas fermée à une collaboration plus tard avec le Team Lagardère ou même Guy sur certaines choses, mais dans l'entraînement quotidien, ce n'est plus possible.

« J'espère recourir en juin »

Allez-vous continuer à vous entraîner en solo ?
Pour l'instant, je peux gérer toute seule ma préparation foncière, mais après je ne peux pas tout faire : m'entraîner et me regarder. Il y a des choses techniques sur lesquelles j'ai besoin d'aide et j'ai surtout besoin d'un programme d'entraînement jusqu'aux Championnats (du monde à Osaka, 25 août-2 septembre). Je vais laisser passer une quinzaine de jours puis voir avec la Fédération.

Quand pensez-vous reprendre la compétition ?
J'espère recourir en juin. En possession de tous mes moyens, je ne suis pas encore inquiète de mes performances. Ce que j'ai fait cet été avec tous mes problèmes, c'est super bien. Je ne suis pas encore en train de régresser. Quand je serai guérie, on verra ce que ça donne. Pour l'instant, mon objectif est d'être en forme en 2007 et 2008. Ce sont deux années très importantes pour moi et après on verra. Mais pour l'instant, la motivation est là !

 

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3 décembre 2006

 « Ne pas reprendre trop vite »

« Ne pas reprendre trop vite »

Toujours handicapée par une blessure aux ischio-jambiers, Christine Arron ne veut pas précipiter son retour. La recordwooman d’Europe du 100m envisage même de « zapper la saison hivernale » le cas échéant. 

Comment vous sentez-vous ?
Pas terrible. J'ai repris l'entraînement début novembre. Je fais de la musculation du haut du corps, du vélo, mais pas énormément de piste. Ma blessure n'a pas beaucoup évolué. Pourtant l'IRM que j'ai passée avant de partir en Guadeloupe, le 27 octobre, était assez rassurante. L'inflammation était moins présente. Je pense qu'il faut que je me pose, que je règle bien tout ce qu'il y a autour, que je prenne le temps pour me remettre. Ne penser qu'à cette blessure ne m'aide pas à guérir, donc je vais essayer de penser à autre chose et peut-être essayer d'autre soins.

Envisagez-vous de renoncer à la saison en salle ?
Je me donne encore un mois pour voir comment ça évolue. Si je ne fais pas la saison en salle, ce n'est pas grave. Je ne vais pas prendre le risque de reprendre trop vite. Si ça ne va pas comme je veux d'ici fin décembre, je vais zapper la saison hivernale.

Où en êtes-vous des négociations avec le Team Lagardère, qu'a rejoint votre entraîneur Guy Ontanon pour diriger le pôle athlétisme ?
Ma réflexion a avancé. Je pense qu'on va faire le point très bientôt, car ça traîne depuis trop longtemps. A un moment, il faut avancer. Il faut que je passe ou que je ne passe pas à autre chose. Le problème, c'est que je n'ai jamais eu suffisamment d'informations pour peser le pour et le contre. C'est quand même malheureux au bout de quatre mois. Quand on a la volonté de faire venir quelqu'un quelque part, on se bouge un peu plus. Pour l'instant, ils ne m'ont pas donné cette envie. Il y a beaucoup d'obligations. Je suis en vacances depuis le 26 août, on est le 2 décembre et les choses ne sont pas clarifiées. Pour l'instant, ils ne m'apparaissent pas très structurés.

Propos recueillis par l’AFP

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25 août 2006

Christine Arron: "Finir sans douleur"


 Malgré une saison gâchée par les blessures, Christine Arron garde le sourire. Toute heureuse à l'idée de retrouver Charléty avec l'équipe de France samedi pour le DécaNation, la recordwan d'Europe du 100 mètres (10"73) ne veut pas brûler les étapes, un mois après son forfait pour Göteborg. Après une rentrée difficile au meeting suisse de La Chaux-de-Fonds en 11"75, la sprinteuse entraînée par Guy Ontanon ne rêve que de courir sans douleur et en pleine possession de ses moyens.

Christine Arron est heureuse de retrouver Charléty.
 
Comment vous sentez-vous avant de retrouver l'équipe de France samedi pour le DécaNation ?
Je suis contente de reprendre à Charléty et de revenir pour cette compétition. J'étais assez inquiète après ma sortie à La Chaux-de-Fonds. Ça ne s'est pas très bien passé en Suisse. C'était même une course assez bizarre avec beaucoup de vent. Mon départ n'était pas fantastique, je me suis mal lancée. Et puis j'avais les jambes lourdes, je n'étais pas terrible techniquement aussi. J'ai ressenti une nouvelle douleur aux adducteurs. Je voulais me tester seule, sans pression, et je ne suis pas rentrée très rassurée. Finalement, j'ai fait une bonne séance d'entraînement jeudi. J'ai pu y aller à fond. Ca va un peu mieux maintenant.

La forme est donc revenue ?
Je ne sais pas trop comment me situer, ni quelle forme je tiens actuellement. Je n'ai fait que trois séances de sprint depuis ma blessure début mai, deux la semaine dernière et une hier. C'est très peu. Je manque aussi de travail spécifique. Je ne suis pas encore à 100% de mes moyens, c'est certain. Je souffre encore un peu. Pour le moment, j'essaye de me débarrasser de ces douleurs, de me libérer peu à peu. Ce n'est pas évident.

"Beaucoup de désillusions"

Quel est votre objectif sur la compétition ?
J'espère juste que tout va bien se passer. Je ne viens pas avec un objectif chronométrique. Je ne préfère d'ailleurs pas m'en donner. Je vais essayer de faire une course propre, sans faute technique, de bien partir pour pouvoir placer mon accélération, ce que je ne suis pas parvenue à faire à La Chaux-de-Fond. Je croise les doigts pour que tout se passe bien et pour que je termine la course sans douleur.

Comment avez-vous vécu cette période difficile depuis votre blessure aux ischio-jambiers début mai ?
Toute cette période a été moralement très difficile. J'avais l'espoir de guérir beaucoup plus vite, même si les médecins m'avaient conseillé de prendre trois mois de repos complet. Mais c'était trop long pour moi. Les blessures, les forfaits, mon absence à Göteborg... Ça fait de beaucoup de désillusions dans une même saison.

Regrettez-vous d'avoir participer aux championnats de France à Nancy, fin juillet, alors que vous n'étiez pas encore totalement rétablie ?
Cette page est tournée. C'était une erreur d'y aller. Sans ça, j'aurai pu faire les championnats d'Europe à Göteborg. Le niveau n'y était pas très élevé, c'était abordable même avec une préparation chaotique. Maintenant, il faut passer à autre chose et continuer d'avancer.

L'athlétisme vit une période difficile avec de nombreux cas de dopage, aux Etats-Unis notamment. Que cela vous inspire-t-il ?
Le dopage n'est pas un problème typiquement américain. Il existe aussi en France. On se doutait juste que ces dernières années, des athlètes étaient protégés par la Fédération américaine. Maintenant, on voit des contrôles réalisés aux Etats-Unis déboucher sur des cas positifs. Cela montre que la lutte anti-dopage avance aussi de l'autre coté de l'Atlantique. C'est une bonne chose pour nous et pour le sport. Les moyens de lutter sont toujours plus performants, ils augmentent. Et, même si les tricheurs sont organisés, il est de plus en plus difficile pour eux de tout calculer et de passer à travers les mailles du filet.

"Jones, je ne vais pas la regretter !"

Et le cas Marion Jones ? Elle a été votre rivale sur bien des courses.
Je suis plutôt contente en fait. Il y a longtemps que Marion Jones n'aurait plus dû être sur les pistes. Pendant des années, on nous a parlé du duel Jones-Arron, mais c'était une grosse blague. Elle a pris ma place à de nombreuses reprises. Ce n'était pas facile à vivre. Moi, j'essayais juste de faire de mon mieux et de courir le plus vite possible. Je ne vais pas la regretter.

Comment voyez-vous votre fin de saison ?
Je vais prendre les courses les unes après les autres. Ma blessure était assez vicieuse. Si ça va, j'espère pouvoir courir partout où l'on voudra bien de moi. Pourquoi pas à Berlin, Nancy et à la finale du Grand Prix ? Je déciderai quoi faire en fonction de mes performances.

Que représente pour vous une épreuve par équipe comme le DécaNation ?
Dans un sport aussi individualiste que l'athlétisme, c'est en fait assez agréable de temps en temps de courir tous ensemble vers un même but, en représentant son pays plutôt que de s'engager dans un meeting beaucoup plus rémunérateur. C'est assez rare dans une saison. J'aime bien partager ces compétitions en équipe, comme au relais. L'ambiance est bonne, le public répond présent. Et puis l'athlétisme revient à Charléty, c'est symbolique, on fait revivre le stade. C'est vraiment important pour moi d'être présente et de recourir ici.

Salut à vous...

 

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Présentation

Christine Arron   

Née le 13 septembre 1973 aux Abymes en Guadeloupe

Taille : 1 m 77   
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Poids : 64 kg
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Spécialités : Sprint - Relais - 60 m - 100 m - 200 m - 4 x 100 m - 4 x 400 m
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