Interview

Publié le par Sébastien

14 février 2007

Caristan:«Prêt à relever le challenge»

De passage dans nos locaux, le nouvel entraîneur de Christine Arron, Stéphane Caristan (champion d'Europe du 110 m haies en 1986), est revenu sur sa récente collaboration avec la médaillée de bronze des Mondiaux de Helsinki (100 m et 200m), entérinée ce mardi.


«Stéphane Caristan, comment a germé cette idée de collaboration entre vous et Christine Arron ?
Christine en a eu l'idée et en avait déjà parlé au début de l'hiver. Puis elle s'est séparée de son entraîneur Guy Ontanon début janvier. En rentrant de stage aux Antilles, elle est revenue avec une liste de noms, et en a parlé avec la Fédération. Ces deux listes avaient un nom identique... Et il se trouve que c'était le mien...

Avez-vous hésité avant d'accepter cette collaboration ? Connaissiez-vous Christine Arron avant cette rencontre ?
Avant de dire oui, je l'ai rencontrée. Le DTN Franck Chevalier était présent, ainsi que le DTN adjoint. Elle m'a alors expliqué qu'elle travaillait avec un préparateur physique à chaque fois qu'elle partait en stage à la Guadeloupe (souvent à la Toussaint, puis en décembre), il s'agit de Raymond Collet qui la suit depuis des années. Il effectue le même travail que moi. Dans le but de réduire le risque de blessures, il va falloir que nous travaillions ensemble, de manière coordonnée. Je vais donc être en relation avec lui très prochainement. Ensuite, non, je ne connaissais pas Christine avant de la rencontrer, pas dans sa manière de fonctionner en tous les cas. Elle a toujours les crocs, de l'ambition, elle a toujours à coeur de remporter une compétition individuelle, et a encore les moyens de taquiner les chronos. Cela me plaît de relever le challenge.

Ce challenge dont vous parlez, ce sont les prochains Championnats du monde à Osaka (25 août au 2 septembre)...
Oui, et pour Christine, il ne s'agit pas de faire de la figuration. Elle n'a pas envie d'aller là-bas pour dire " je fais les Mondiaux", elle veut y aller pour au moins monter sur la boîte, sur le podium.

Cela lui laisse six mois pour se préparer à vos côtés après une saison 2006 difficile et une blessure à un ischio-jambier. Où en est cette blessure ? Avez-vous déjà repris l'entraînement ?
Elle a repris l'entraînement tout doucement depuis quelques jours, mais avec moi seulement aujourd'hui. Du point de vue médical, elle travaille toujours sur Cybex pour évaluer sa perte musculaire au niveau de l'ischio et le renforcer en conséquence. En ce qui concerne la piste ce matin, nous y sommes allés doucement, avec surtout un travail de gammes, sans s'enflammer...

Avez-vous dû la brider après une si longue pause due à sa blessure ? (9 mois)
Il faut de toute manière faire attention... Nous avons fait quelques 100 m ce matin, elle les a commencés en 19", pour les finir en 16"... Il faut que nous y allions doucement.

Avez-vous déjà prévu une date de retour "officielle" ?
Rien n'est vraiment défini mais nous en avons effectivement parlé ensemble, et programmons un retour vers la mi-juin, peut-être sur le meeting de Villeneuve-d'Ascq ou de Noisy-le-Grand. Oslo et la Golden League sont également prévus vers ces dates-là, et Christine souhaiterait aussi participer aux Interclubs. De mon côté, je pense d'abord à la santé de mon athlète, il ne s'agirait pas de reprendre la compétition trop tôt pour se blesser.

Comment s'effectue la prise en charge d'une athlète comme elle sortant de blessure ?
Et bien, je suis un peu "l'ambulance", c'est à dire la personne à laquelle on confie souvent les athlètes blessés pour les remettre à flots. Je suis moi-même un ancien athlète, et j'ai connu les blessures, je sais ce que nous ressentons en tant qu'athlète de haut niveau lorsque nous traversons ce genre d'épreuves. En l'occurence, dans ma position d'entraîneur, il s'agit de les remettre en confiance. J'ai l'habitute de ces choses-là, car je l'ai beaucoup fait avec les juniors. Lorsque je m'occupe d'un athlète, je lui donne ma confiance à 100%. Le discours entre la personne dont je m'occupe et moi-même est basé sur l'échange. J'ai beaucoup de vécu derrière moi, je me sers énormément de mon expérience pour pouvoir faire passer les choses. Ma formation professionnelle ne sert qu'à théoriser tout mon vécu.

Votre collaboration avec la recordwoman d'Europe du 100 m a commencé le 14 février (sur le terrain), l'engagement vous liant à elle est-elle à durée déterminée ?
Le licenciement peut me guetter au moindre grain de sable qui peut gripper la machine. J'ai des athlètes qui sont restés près de 10 ans avec moi, d'autres pas... La priorité avec Christine reste les prochains Championnats du monde. Si nous n'atteignons pas les objectifs, à moi d'évaluer mon degré de responsabilités et peut-être d'en subir les conséquences...» P.B

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