Hors Christine Arron

Publié le par Sébastien

24 octobre 2006

«Gebre» se rapproche

 

 

 

Vainqueur du marathon de Berlin dimanche, Haile Gebreselassie a longtemps cru pouvoir battre le record du monde de Paul Tergat avant de boucler sa course en 2h5’56’’, nouveau record personnel. Une performance qui lui redonne confiance cinq mois après son échec à Londres.

 

Un final fatal
Le coup n’est pas passé loin. A sept kilomètres de l’arrivée, Haile Gebreselassie comptait 22’’ d’avance sur le record du monde de Paul Tergat. Mais le final de la course, et notamment deux derniers kilomètres terribles qui l’ont vu perdre 40’’, a ruiné les espoirs de l’Ethiopien. Vainqueur en 2h5’56’’, ce dernier réalise cependant la meilleure performance mondiale de la saison et améliore son record personnel. Mais il reste encore à plus d’une minute de la meilleure marque de tous les temps de Tergat, réalisée en 2003 à… Berlin (2h4’55’’). Soulagé de conserver son bien, le Kényan a tout de même tenu à saluer la performance de «Gebre» : «Ce n’est pas facile de battre le record du monde. Je félicite cependant Haile car il a réalisé une grande performance», indique-t-il sur le site de la BBC.

Cette 7e performance de tous les temps permet au quadruple champion du monde et double champion olympique du 10 000 m de rêver à nouveau de devenir un jour le marathonien le plus rapide du monde. Ses deux premières sorties sur la distance (2h06’35’’ à Londres en 2002 et 2h06’20’’ à Amsterdam en 2005) avaient en effet montré que l’ancien roi de la piste pouvait régner sur la route. Mais le marathon de Londres, en avril dernier, a marqué un sévère coup d’arrêt dans la progression de l’Ethiopien. Alors qu’il avait clamé vouloir battre le record de Tergat, «Gebre» avait en effet terminé la course à une anonyme 9e place en 2h09’05’’. Trois mois plus tôt, en janvier à Phoenix, il avait pourtant encore fait parler de lui en s’appropriant les meilleures marques mondiales du semi-marathon et du 20 km. Très affecté par cette relative contre-performance londonienne, qu’il ne parvenait pas à s’expliquer lui-même, Haile avait alors abordé le rendez-vous berlinois avec humilité. Pas question cette fois d’évoquer le record du monde. Du coup, difficile de savoir s’il est satisfait de ce 7e chrono de tous les temps réalisé dimanche. «Tout allait bien jusqu’à la mi-course. Je savais que j’avais une chance de battre le record mais les cinq derniers kilomètres m’ont fait très mal et je ne pouvais plus accélérer du tout», indiquait-t-il simplement après l’arrivée.

Objectif record et JO
Grand admirateur d’Abede Bikila, meilleur marathonien de l’histoire de l’Ethiopie (double champion olympique du marathon en 1960 à Rome et en 1964 à Tokyo), Gebreselassie regrettait qu’il n’y ait eu «personne pour le pousser un peu plus» en fin de course mais il veut de nouveau être ambitieux. «Je battrai le record du monde un jour, je le sais», clame-t-il avant d’indiquer que Berlin «est sûrement l’endroit pour le battre.» En attendant donc de se présenter à nouveau devant la Porte de Brandebourg l’an prochain, Gebreselassie pense déjà à ses retrouvailles avec la capitale britannique au printemps prochain. Face aux meilleurs spécialistes du monde, l’Ethiopien veut prendre sa revanche et s’imposer. Avant de songer à son dernier grand défi : devenir champion du monde à Pékin en 2008. Comme un certain Bikila avant lui…

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