Interview

Publié le par Sébastien

25 août 2006

«Envie de courir»

De retour de blessure et après seulement un meeting la semaine dernière, Christine Arron s'alignera, samedi, au départ du 100m pour le DécaNation. Un bon moyen pour la sprinteuse française de voir où elle en est physiquement et préparer sa fin de saison. Interview



Sport24.com : Tout d’abord, comment allez-vous physiquement ?
Christine Arron :
Ca ne va pas trop mal. Après la course de la Chaux de Fonds j’étais un peu inquiète car ma douleur au fessier s’était redéclenchée. Comme je n’ai pas bien lancé ma course et que je n’étais pas au top techniquement, j’ai eu une petite gêne, ça m’a tiré un peu au niveau de l’ischio. Mais hier, je me suis entraînée, j’ai couru à fond et tout s’est bien passé. Il me manque du spécifique mais je suis un peu plus en confiance pour demain.

Sport24.com : Et moralement, comment avez-vous géré cette blessure ?
Christine Arron :
C’était très dur. J’ai pu refaire ma première séance de sprint à l’entraînement trois mois et demi après la blessure. J’avais toujours espoir que ça guérisse un peu plus vite car quand le médecin m’a dit qu’il fallait arrêter trois mois ce n’était pas possible dans ma tête. C’était très long et douloureux. Je savais que je ne pourrais pas courir à Paris (NDLR : au Meeting Gaz de France le 8 juillet) et sur les autres compétitions comme les Championnats d’Europe. Psychologiquement, j’allais de désillusions en désillusions.

Sport24.com : Justement, avez-vous tourné la page des Championnats d’Europe ?
Christine Arron :
Elle est tournée ! J’ai fait l’erreur de courir aux Championnats de France et de me blesser. Sinon, j’aurais été prête pour Göteborg. On a vu que le niveau n’était pas très élevé et ça restait abordable malgré une préparation chaotique. Mais je suis passée à autre chose aujourd’hui et j’avance même si je n’oublie pas le passé.

Sport24.com : Samedi vous allez disputer le DécaNation, que représente pour vous cet événement par équipe ?
Christine Arron :
C’est très important pour moi de faire cette compétition, je l’avais inscrite à mon programme. J’avais envie de faire partie de l’équipe et courir ici à Charléty devant un super public. Après la performance je ne sais pas si elle sera là, mais ce n’est pas important. Ce qu’il faut arriver à faire, c’est courir jusqu’au bout un 100m.

Sport24.com : En ce moment, l’athlétisme mondial est bouleversé par les cas de dopage, comment voyez-vous l’avenir de votre discipline ?
Christine Arron :
On a vu, en effet, que comparativement à d’autres années il y a eu beaucoup plus de cas. On pense maintenant qu’il y a beaucoup d’athlètes qui ont été protégés au Etats-Unis pendant de nombreuses années. Aujourd’hui ils ont été pris sur leur propre territoire, il y a donc une avancée en matière de lutte anti-dopage. C’est une bonne chose pour le sport et pour nous aussi. Maintenant, il y a des moyens plus performants qui sont mis en place et ça deviendra plus compliqué pour les tricheurs.

Sport24.com : On vous a senti très remontée lors de l’annonce de dopage de Marion Jones, qu’est-ce qui vous touche le plus dans cette histoire ?
Christine Arron :
Ca fait longtemps qu’elle n’aurait plus dû être sur la piste. Pendant des années il y a eu le duel Jones-Arron mais c’était une grosse blague car je l’ai toujours talonnée. Elle m’a pris ma place à de nombreuses reprises et c’est difficile même si je le savais. Je n’avais pas d’autre choix que de courir et de faire ce que j’avais à faire. Franchement, c’est sans regrets de ne plus la voir.

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