Interview

Publié le par Sébastien

25 août 2006

Christine Arron: "Finir sans douleur"


 Malgré une saison gâchée par les blessures, Christine Arron garde le sourire. Toute heureuse à l'idée de retrouver Charléty avec l'équipe de France samedi pour le DécaNation, la recordwan d'Europe du 100 mètres (10"73) ne veut pas brûler les étapes, un mois après son forfait pour Göteborg. Après une rentrée difficile au meeting suisse de La Chaux-de-Fonds en 11"75, la sprinteuse entraînée par Guy Ontanon ne rêve que de courir sans douleur et en pleine possession de ses moyens.

Christine Arron est heureuse de retrouver Charléty.
 
Comment vous sentez-vous avant de retrouver l'équipe de France samedi pour le DécaNation ?
Je suis contente de reprendre à Charléty et de revenir pour cette compétition. J'étais assez inquiète après ma sortie à La Chaux-de-Fonds. Ça ne s'est pas très bien passé en Suisse. C'était même une course assez bizarre avec beaucoup de vent. Mon départ n'était pas fantastique, je me suis mal lancée. Et puis j'avais les jambes lourdes, je n'étais pas terrible techniquement aussi. J'ai ressenti une nouvelle douleur aux adducteurs. Je voulais me tester seule, sans pression, et je ne suis pas rentrée très rassurée. Finalement, j'ai fait une bonne séance d'entraînement jeudi. J'ai pu y aller à fond. Ca va un peu mieux maintenant.

La forme est donc revenue ?
Je ne sais pas trop comment me situer, ni quelle forme je tiens actuellement. Je n'ai fait que trois séances de sprint depuis ma blessure début mai, deux la semaine dernière et une hier. C'est très peu. Je manque aussi de travail spécifique. Je ne suis pas encore à 100% de mes moyens, c'est certain. Je souffre encore un peu. Pour le moment, j'essaye de me débarrasser de ces douleurs, de me libérer peu à peu. Ce n'est pas évident.

"Beaucoup de désillusions"

Quel est votre objectif sur la compétition ?
J'espère juste que tout va bien se passer. Je ne viens pas avec un objectif chronométrique. Je ne préfère d'ailleurs pas m'en donner. Je vais essayer de faire une course propre, sans faute technique, de bien partir pour pouvoir placer mon accélération, ce que je ne suis pas parvenue à faire à La Chaux-de-Fond. Je croise les doigts pour que tout se passe bien et pour que je termine la course sans douleur.

Comment avez-vous vécu cette période difficile depuis votre blessure aux ischio-jambiers début mai ?
Toute cette période a été moralement très difficile. J'avais l'espoir de guérir beaucoup plus vite, même si les médecins m'avaient conseillé de prendre trois mois de repos complet. Mais c'était trop long pour moi. Les blessures, les forfaits, mon absence à Göteborg... Ça fait de beaucoup de désillusions dans une même saison.

Regrettez-vous d'avoir participer aux championnats de France à Nancy, fin juillet, alors que vous n'étiez pas encore totalement rétablie ?
Cette page est tournée. C'était une erreur d'y aller. Sans ça, j'aurai pu faire les championnats d'Europe à Göteborg. Le niveau n'y était pas très élevé, c'était abordable même avec une préparation chaotique. Maintenant, il faut passer à autre chose et continuer d'avancer.

L'athlétisme vit une période difficile avec de nombreux cas de dopage, aux Etats-Unis notamment. Que cela vous inspire-t-il ?
Le dopage n'est pas un problème typiquement américain. Il existe aussi en France. On se doutait juste que ces dernières années, des athlètes étaient protégés par la Fédération américaine. Maintenant, on voit des contrôles réalisés aux Etats-Unis déboucher sur des cas positifs. Cela montre que la lutte anti-dopage avance aussi de l'autre coté de l'Atlantique. C'est une bonne chose pour nous et pour le sport. Les moyens de lutter sont toujours plus performants, ils augmentent. Et, même si les tricheurs sont organisés, il est de plus en plus difficile pour eux de tout calculer et de passer à travers les mailles du filet.

"Jones, je ne vais pas la regretter !"

Et le cas Marion Jones ? Elle a été votre rivale sur bien des courses.
Je suis plutôt contente en fait. Il y a longtemps que Marion Jones n'aurait plus dû être sur les pistes. Pendant des années, on nous a parlé du duel Jones-Arron, mais c'était une grosse blague. Elle a pris ma place à de nombreuses reprises. Ce n'était pas facile à vivre. Moi, j'essayais juste de faire de mon mieux et de courir le plus vite possible. Je ne vais pas la regretter.

Comment voyez-vous votre fin de saison ?
Je vais prendre les courses les unes après les autres. Ma blessure était assez vicieuse. Si ça va, j'espère pouvoir courir partout où l'on voudra bien de moi. Pourquoi pas à Berlin, Nancy et à la finale du Grand Prix ? Je déciderai quoi faire en fonction de mes performances.

Que représente pour vous une épreuve par équipe comme le DécaNation ?
Dans un sport aussi individualiste que l'athlétisme, c'est en fait assez agréable de temps en temps de courir tous ensemble vers un même but, en représentant son pays plutôt que de s'engager dans un meeting beaucoup plus rémunérateur. C'est assez rare dans une saison. J'aime bien partager ces compétitions en équipe, comme au relais. L'ambiance est bonne, le public répond présent. Et puis l'athlétisme revient à Charléty, c'est symbolique, on fait revivre le stade. C'est vraiment important pour moi d'être présente et de recourir ici.

Publié dans Interview

Commenter cet article